Espèces végétales protégées
hors "parcelles habituellement cultivées" bien entendu

  • En Bourgogne et dans l'Yonne :
    --- texte légal par nom latins et français
    --- plus précisément dans l'Yonne (avec statut de protection)
  • Sur l'ensemble du territoire métropolitain
    --- Liste des espèces concernées par l'arrêté du 20/01/1982
    modifié à plusieurs dates et dernièrement le 8 juin 2013.
  • Dans le vaste Monde dont fait partie la France un organisme, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la Nature), fondé en 1948, a établi des catégories pour protéger les espèces, végétales ou autres.
    Les voici :

Et pour comprendre les abréviations ci-dessus qui sont en fait anglo-saxonnes :

  • La disparition d'une espèce végétale dans le département de l'Yonne ne signifie pas forcément son extinction comme ce fut le cas pour cette violette chère à Eugène Ravin et Charles Royer. Une espèce dite disparue peut simplement rester cachée.
  • Et les indices de rareté sont des données arbitraires... d'autant plus que récemment les généticiens ont découvert que la plupart des plantes à fleurs sont apparues à la suite de croisements entre espèces, preuve que l'hybridation est une source importante de diversité biologique, comme nous le fait remarquer M.A. Sélosse dans son article intitulé L'évolution par fusion.

Une lecture intéressante :
Darwin - L'origine des espèces, page 391, chapitre XI, De la succession géologique des êtres organisés.


Stipa pennata L.
Stipe penné, barbe de Saint-Moré

19 mai 2010 (entre Cure et Yonne)

--- Une graminée protégée en Région Bourgogne, Yonne comprise ---
où elle ne pousse qu'en de très rares endroits
(falaises abruptes abritant des lambeaux de pelouses xérophiles)

Tandis que, plus au Sud de la France, Stipa pennata
pousse par milliers sur le Causse Méjean

Causse Méjean, 8 juillet 2011

où on la nomme plumet ou cheveu d'ange.


Finalement, la rareté est banale.

Anacamptis laxiflora (Lam.) Bateman, Pridgeon & Chase
Orchis à fleurs lâches
Anemone sylvestris L.
Anémone sylvestre
Aster amellus L.
Aster amelle, marguerite de la Saint-Michel, œil-du-Christ
Atocion armeria (L.) Raf.
Silène à bouquets
Baldellia ranunculoides (L.) Parl.
Fluteau fausse renoncule
Biscutella laevigata L.
Lunetière lisse
Bombycilaena erecta (L.) Smoljan.
Cotonnière dressée, gnaphale dressé, micrope dressé
Butomus umbellatus L.
Butôme en ombelle, jonc fleuri
Convolvulus cantabrica L.
Liseron des monts Cantabriques,
liseron cantabrique, liseron de Biscaye
Dactylorhiza incarnata subsp. incarnata (L.) Soó
Orchis couleur de chair
Dictamnus albus L.
Fraxinelle blanche, dictame blanc
Drosera intermedia Hayne
Rossolis intermédiaire
Drosera rotundifolia L.
Rossolis à feuilles rondes
Elatine hexandra (Lapierre) DC.
Elatine à six étamines
Erica cinerea L.
Bruyère cendrée
Euphorbia palustris L.
Euphorbe des marais
Gagea villosa (M. Bieb) Sweet
Gagée des champs
Galatella linosyris (L.) Rchb.f.
Aster à feuilles d'Osyris
Galium fleurotii Jord.
Gaillet de Fleurot
Galium tricornutum L.
Gaillet à trois cornes
Gentiana cruciata L.
Gentiane croisette
Gentiana pneumonanthe L.
Gentiane des marais, gentiane pulmonaire des marais,
gentiane pneumonanthe
Gentianopsis ciliata (L.) Ma
Gentiane ciliée
Gratiola officinalis L.
Gratiole officinale, herbe au pauvre homme
Lathyrus palustris L.
Gesse des marais
Linum leonii F.W.Schultz
Lin des Alpes, lin français
Myrica gale L.
Piment royal, galé odorant, cirier
Narcissus poeticus
Narcisse des poètes, jeannette blanche
Nymphoides peltata (S.G.Gmel.) Kuntze
Limnanthème faux-nénufar, faux nénufar, petit nénufar pelté
Oenanthe silaifolia M.Bieb.
Œnanthe à feuilles de Silaüs, œnanthe intermédiaire
Orchis simia Lam.
Orchis singe
Oreoselinum nigrum Delarbre
Persil des montagnes, persil de cerf
Orobanche alba Stephan ex Willd.
Orobanche blanche du thym
Osmunda regalis L.
Osmonde, fougère royale
Paeonia mascula (L.) Mill.
Pivoine mâle
Pilularia globulifera L.
Pilulaire, boulette d'eau, pilulaire à globules
Ranunculus lingua L.
Grande douve, renoncule langue
Ranunculus ophioglossifolius Vill.
Renoncule à feuilles d'ophioglosse
Salix repens L.
Saule rampant
Sorbus latifolia (Lam.) Pers.
Alisier de Fontainebleau, sorbier à larges feuilles
Thelypteris palustris Schott
Fougère des marais, thélyptéris des marais,
théliptéris des marécages
Thysselinum palustre (L.) Hoffm.
Peucédan des marais, persil des marais
Tuberaria guttata (L.) Fourr.
Hélianthème taché, hélianthème à gouttes
Ulex minor Roth
Ajonc nain

Parmi les plantes qui restent actuellement cachées dans l'Yonne, citons :

  • Une Apiaceae :
    • Helosciadium repens
  • Plusieurs Asteraceae :
    • Antennaria dioica
    • Arnica montana
    • Aster amellus
    • Prenanthes purpurea
    • Pulicaria vulgaris
  • Des Brassicaceae :
    • Arabis alpina
    • Sisymbrium supinum
  • Campanulaceae :
    • Wahlenbergia hederacea
  • Crassulaceae :
    • Sedum villosum
  • Menyanthaceae :
    • Nymphoides peltata
  • Deux Orchidaceae :
    • Anacamptis coriophora
    • Spiranthus aestivalis
  • Orobanchaceae :
    • Pedicularis palustris
  • Papaveraceae :
    • Meconopsis cambrica
  • Ranunculaceae :
    • Ranunculus hederaceus

Parmi les fougères :

  • de la famille des Aspleniaceae, Asplenium obovatum
  • une Ophioglossaceae, Botrichium lunaria

Parmi les Lycopodiaceae :


Quant aux plantes actuellement disparues de l'Yonne, une seule semble donc éteinte :


Dans une thèse de Doctorat en Philosophie soutenue en 2003 et intitulée "L'extinction d'espèce : histoire et enjeux éthiques d'un concept écologique", Julien Delord écrit :

Il ne ressort aucun système de valeurs ou de normes essentielles par lequel aborder la question morale des extinctions. En effet, le constat sur les valeurs en éthique environnementale fait la part belle à la pluralité :

  • Pour les anthropocentristes, le destin d’une espèce ne dépend que de la valeur que lui attribuent les hommes en fonction de leurs desseins. Autant telle extinction pourra être gravement dommageable, autant telle autre sera neutre, voire souhaitable. La préservation de l’espèce ne représente en rien une norme morale.
  • Pour les biocentristes, au contraire, toutes les espèces doivent être également préservées, non pas tant pour elles-mêmes, mais comme collections d’organismes, animaux ou végétaux dont on doit respecter la vie et le bien-être.
  • Enfin, pour les écocentristes, ce n’est pas vraiment l’espèce qui est le sujet moral principal, mais plutôt la communauté ou l’écosystème. Certaines espèces peuvent même disparaître ou s’éteindre sans aucun problème, pourvu qu’il s’agisse d’un phénomène « naturel » par lequel la communauté retrouve un nouvel équilibre, aussi valable que l’ancien.


Mise à jour : octobre 2021    2005 à 2021  fleursauvageyonne