L'Yonne 

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Herboriser dans l'Yonne


Entre Vincelottes et Cravant-Deux Rivières, 25 novembre 2022...
quand le cri des grues cendrées se fait entendre.



Avec une loupe de botaniste et la météo dans l'Yonne, vous trouverez :

  • Des altitudes peu élevées, entre 56 m vers Pont-sur-Yonne, au Nord, et 451 m à Quarré-les-Tombes, au Sud.
  • Un relief de "cuestas" avec alternance, du Nord-ouest au Sud-est, de craies, d'argiles et de sables, de calcaires et de marnes, de grès et de granites

et donc une alternance de

  • chênaies-charmaies calcicoles
  • chênaies mixtes-charmaies,
  • hêtraies-chênaies silicicoles

sans oublier la forêt domaniale de Pontigny avec ses sols limoneux retenant l'eau (propices aux chênes) et ses sols sableux (où les pins s'adaptent car leus besoins en eau sont faibles).

Toute une flore, qui avait fait l'objet, au XVIIe siècle, du premier inventaire floristique français dans les environs de Sens, vous attend désormais en :

AuxerroisAvallonnaisBas MorvanChablisienForterreGâtinaisPays d'OthePuisayeSénonnaisTonnerroisVallées alluviales

Partez à la découverte de la flore :

  • des plaines argileuses du Gâtinais à l'Ouest de Sens,
  • des placages argileux sur calcaire comme dans le Pays d'Othe délimité par les vallées de la Vanne et de l'Armance,
  • des plateaux de l'Auxerrois, avec leurs cerisiers en fleurs au début du mois d'avril, des cerisiers nés d'une pollinisation naturelle après la crise du phylloxéra, les vignes abandonnées ayant été transformées en cerisaies avec cette variété initialement nommée Bigarreau Marmotte.

  • des plateaux et côtes calcaires de l'Avallonnais

  • et du Vézelien


Blannay, tour du Crot-Bard, 3 décembre 2023 - © Claire Martin-Lucy

où, même durant l'Hiver, le laurier des bois reste vert et où vous découvrirez toute une flore favorisée par les meurgers où vous reconnaîtrez Carlina vulgaris

  • et du plateau du Tonnerrois, qui, au fond de ses bois réserve parfois des surprises autres que botaniques.


Bois de la Rappe à Annoux

Annoux : Tour Chappe. Une ancêtre des réseaux de télécommunications, toujours connectée en 2024.
Château de Maulnes.
Un « château de chasse » dont la forêt était une mine d'or, un patrimoine naturel risquant de disparaître prochainement.
 


Mais fleurs et forêts ne sont jamais bien loin !

  • Flore de la Forterre, elle aussi un plateau, où fleurissent des orchidées comme l'orchis singe (Orchis simia) et le limodore avorté (Limodorum abortivum)

avec par endroits des pelouses sèches calcaires de types xérobromion (sur sol superficiel) et mésobromion (sur sol plus profond), mais où la culture céréalière est intensive...

... laissant malgré tout encore quelques têtards, ou trognes, ces arbres paysans selon Dominique Mansion, artiste, auteur, illustrateur naturaliste.

  • Sans oublier, plus à l'Est, le bassin sédimentaire avec sa structure dite en pile d'assiettes du Chablisien, si propice à la culture de la vigne

  • et en revenant à l'Ouest la flore des sols siliceux de la Puisaye où, depuis 1996, des défricheurs, des archéologues castellologues et des artisans bâtissent le château fort de Guédelon selon des techniques médiévales utilisées aux temps de Philippe Auguste (1165-1223) et de Blanche de Castille (1188-1252).
    Cette Puisaye, la future écrivaine COLETTE en avait humé les senteurs dans son enfance. Sur cette terre plutôt pauvre où les forêts, nombreuses et silencieuses, sont le lieu de travail des bûcherons et des gardes forestiers, on peut voir, comme en Forterre, des "trognes" (ou têtards), ces arbres emblématiques du bocage poyaudin.

 L'enfant et les sortilèges, Opéra de Maurice Ravel sur un texte de Colette

  • Les étangs y sont également nombreux, avec une végétation aquatique et amphibie s'ils sont grands et très évaporés à la fin de l'été, ou une végétation immergée flottante ou amphibie s'ils sont petits et entourés d'arbres.

Vous y trouverez la cicendie et... toute une flore si bien connue de la San-Salvatorienne Colette dont, si le cœur vous en dit, vous pourriez visiter la maison natale.

    

Colette (1873-1954) était née et avait passé son enfance en Puisaye dont elle garda l'accent particulier, l'accent poyaudin.

 Colette : Sido, ma mère

Dans La maison de Claudine Colette évoquait sa Puisaye natale dont elle connaissait les fleurs, et dans Le blé en herbe, Vinca, la Pervenche

 Edwige Feuillère lisant La maison de Claudine

Les vrilles de la vigne ont été pour elle motifs à parler de la Puisaye :

...Viens, toi qui l'ignores, viens que je te dise tout bas : le parfum des bois de mon pays égale la fraise et la rose ! Tu jurerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs qu'un fruit mûrit on ne sait où - là-bas, ici, tout près - un fruit insaisissable qu'on aspire en ouvrant les narines. Tu jurerais, quand l'automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu'une pomme trop mûre vient de choir, et tu la cherches et tu la flaires, ici, là-bas, tout près... Et si tu passais, en juin, entre les prairies fauchées, à l'heure où la lune ruisselle sur les meules rondes qui sont les dunes de mon pays, tu sentirais, à leur parfum, s'ouvrir ton coeur...

comme d'autres plantes lui permettent d'écrire dans Flore et Pomone,
GIGI (1944) :

Inhospitalier de nature, le Français soigne d’une manière défensive ses abords immédiats, s’entoure d’églantier, d’épine noire et de genévrier ; il barbèle au besoin son jardin, et sa première débauche d’imagination est pour la clôture.

 Un été avec Colette par Antoine Compagnon


  • la flore des vallées alluviales comme celle :
    de l'Yonne et de l'Armançon, de la Cure, du Serein et du Cousin ainsi que celle du Branlin et ses aulnaies denses, de l'Ouanne et du Loing, du Tholon et du Ravillon.

- La Cure, ici à Lucy-sur-Cure


Photo © Carl Larmonier

où les affleurements d'un calcaire corallien si intéressant encore en 2019...

...offrent des coteaux riches de quelques espèces botaniques méditerranéennes, les pelouses embuissonnées par les prunelliers n'étant plus d'actualité grâce à la Réserve Naturelle Nationale, la Réserve Naturelle du Bois du Parc à Mailly-le-Château.

Dans cette zone du récif corallien fossilisé (datant du Malm, époque géologique plus connue sous le nom de Jurassique supérieur), s'offrent également :

  • des surprises mérovingiennes datant du VIe siècle

ou, à proximité,

  • les restes d'un camp romain, dit Camp de Cora, qui montre encore son appareil en partie en arêtes de poisson dit opus piscatum (qu'il ne faut plus confondre avec l'opus spicatum, terme employé jusqu'à la fin du XIXe siècle) et qui défendait, au IVe siècle, la voie d'Agrippa qui passait le long de la Cure



- Le Serein, ci-dessous près de Grimault,

et ci-après, en 1960, un bras du Serein qui mène au Moulin des Roches, à 2 km de Chablis

- Le Cousin encaissée dans le granit et fleurant l'ail des ours au Printemps

Anemone nemorosa et Scilla bifolia au bord du Cousin.


Photo © Claire Martin-Lucy, 1er avril 2019

Et la flore
- des vallées du Branlin et ses aulnaies denses,
- de l'Ouanne et du Loing, du Tholon et du Ravillon avec leurs peupleraies

Enfin la flore des rochers granitiques du Bas Morvan près d'Avallon et de Quarré-les-Tombes dans la Forêt au Duc.


Rive droite du Cousin entre Avalllon et Pontaubert - 24 février 2010


à 556 m d'altitude

Mais avec les "coupes à blanc" et leur impact
les paysages du Morvan sont en train de changer


Soyez les bienvenu(e)s dans l'Yonne
pour de belles balades florales en toutes saisons

Été,
comme au château de Maulnes au mois d'août 2009

Automne,
quand se côtoyent Geranium rotundifolium et Achillea millefolium
comme ici, entre Vincelottes et Cravant-Deux Rivières, le 25 novembre 2022

ou ailleurs en Bourgogne :
au Jardin Botanique de Dijon par exemple.


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À découvrir : Sauvages de ma route
un plaidoyer pour les bermes et les talus routiers, ces espaces moins "délaissés" dans l'Yonne que de nombreux bords d'autres voies de transport (chemin de fer, canaux...).

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