Fleurs multicolores

Quelques exemples
Leurs couleurs dépendent entre autres :
  • des organes floraux (parfois autres que la corolle) que nous remarquons grâce à leurs pigments dont certains nous sont d'ailleurs invisibles alors que les abeilles les voient et que Claude Monnet les voyait,
  • de la nature du sol,
  • du climat, de la température ambiante et donc de l'heure du jour,
  • du temps écoulé depuis l'épanouissement floral...
Les couleurs des fleurs dépendent également de l'un de nos cinq sens : notre changeante et très personnelle vue (avec ses capteurs : nos yeux, ses transmetteurs : nos nerfs optiques, ses centres d'interprétation : les aires visuelles de notre cerveau)... Notre vue n'est pas la même que celle des insectes pollinisateurs (papillons et abeilles, par exemple).



Les couleurs dépendent aussi de la société dans laquelle nous vivons qui influe sur notre perception.
Sans oublier qu'une couleur se perçoit sous plusieurs angles offerts par :
sa teinte, sa saturation, sa luminosité, etc...

Takashi Kokubo, Le Jour où j'ai vu l'Arc-en-ciel


Photo © Edith Lounès

L'arc-en-ciel est un premier pas vers la compréhension


Entre Auxerre et Escolives-Ste-Camille, 4 mars 2019

Mais, au Moyen-Âge, l'échelle des couleurs était différente.
Ce n'était pas celle de Newton, c'était celle d'Aristote.
Ce n'est qu'au XVIIe siècle que les théories physiques de la lumière, c'est-à-dire l'étude de la lumière et des couleurs au sens actuel, connurent leur véritable essor. Il ne faut donc pas confondre la nature de la lumière avec celle de la vision et du regard.

Max Richter, On the Nature of Daylight
Quant aux végétaux, ils n’utilisent pas le spectre lumineux dans son intégralité. Au début de leur croissance les plantes à fleur absorbent plutôt le début du spectre, donc le bleu et le violet, tandis qu'en période de floraison ce sera la fin du spectre, le rouges et l'orange. Et si nous voyons les végétaux en vert c'est parce qu'ils n'absorbent que très peu le vert et le jaune et qu'ils réfléchissent les rayons lumineux contenant les ondes de ces couleurs.
C'est bien pour toutes les raisons qui précèdent que la couleur n'est pas en botanique un critère scientifique reconnu, les quelques espèces qui suivent (classées par familles) en sont des exemples, parmi d'autres.

Amaranthaceae
Chenopodium album L.
Chénopode blanc, poule grasse
  
Asteraceae
Cichorium intybus L.
Chicorée sauvage
 Très rarement  
Boraginaceae
Symphitum officinale L.
Consoude officinale, grande consoude,
herbe à la coupure
  
Campanulaceae
Phyteuma spicatum L.
Raiponce en épi
  
Caprifoliaceae
Centranthus ruber (L.) DC.
Centranthe rouge
  
Ericaceae
Vaccinium myrtillus L.
Myrtille, airelle myrtille, brimbelle
  
Fabaceae
Galega officinalis L.
Galéga, lilas d'Espagne
  
Liliaceae
Fritillaria meleagris L.
Fritillaire damier, fritillaire pintade, pintade
 
Plantaginaceae
Cymbalaria muralis G.Gaertn., B.Mey. & Scherb.
Linaire cymbalaire, ruine de Rome
  
Gratiola officinalis L.
Gratiole officinale, herbe au pauvre homme
  
Polygalaceae
Polygala calcarea F.W. Schultz
Polygale du calcaire, laitier
  
Polygala vulgaris L.
Polygale commun
  
Violaceae
Viola arvensis Murray
Pensée des champs
   
Viola tricolor L.
Violette tricolore, pensée des champs
   
Pour en savoir plus :

La couleur des fleurs, une réalité virtuelle !
Un article d'Alain Cadic traitant de Botanique dans
Jardins de France n° 644 - Novembre-décembre 2016