Ailante glanduleux, ailanthe,
faux vernis du Japon
Ailanthus altissima (Mill.) Swingle, 1916
Famille des Simabouraceae

Ordre des Sapindales
Malvids / Rosids / Pentapetalae / Eudicotyledons

Pour en savoir plus

Dans une rue de Courbevoie (Hauts de Seine) - 24 avril 2021

AILANTHUS altissima (Mill.) Swingle
Ailante glanduleux, ailanthe, faux vernis du Japon

Une plante ligneuse

  • Arbre dioïque, originaire de Taïwan et de la Chine centrale et du nord-ouest, vivant une cinquantaine d'années.
  • Espèce commune et désormais souvent considérée comme envahissante.
  • Néophyte introduite en France au XVIIIe siècle, sous forme de graines envoyées en 1740 par P. N. Le Chéron d'Incarville (1706-1757), un jésuite qui lui le nommait "Frêne puant" et qui avait également étudié un Arbre du Vernis de Chine

    et s'était peut-être trompé dans l'étiquetage de ses graines, d'où une confusion dans les noms attribués à l'ailante glanduleux dès son acclimatation européenne.
  • C'est la pébrine, une maladie des vers à soie Bombyx mori (se nourrissant exclusivement des feuilles de Morus alba), qui atteignit Cavaillon en 1845 et que Pasteur n'étudiera qu'en 1865, qui est à l'origine de son expansion.
    De nombreux ailantes furent alors plantés, notamment en région parisienne où des expérimentations eurent lieu dans la Ferme de la Faisanderie alors nommée "Ferme impériale de Vincennes" ou sur les talus des lignes de chemins de fer d’Orléans et du Midi, car les vers à soie avaient été remplacés par Samia cynthia dont la chenille se nourrit uniquement de feuilles d'Ailanthus altissima. On pouvait alors lire en 1895 que "l'ailante et son papillon séricigène sont si bien acclimatés que l'on voit souvent ses cocons pendre aux branches des ailantes des boulevards de Paris où le papillon est bien connu". Mais la matière textile obtenue, l’ailantine, n'a pas obtenu le succès escompté et les plantations d'ailante furent abandonnées.
  • Période de floraison : Juin-Juillet.
  • Habitat : Friches, bord des routes et des autoroutes, rues, jardins et délaissés urbains, ces habitats si propices au développement de cet arbre fou surprenant, capable de pousser sur le béton, cet assemblage, de matières inertes dites granulats, d'un liant (argile, bitume, ciment) et d'adjuvants, pourtant nocif pour les sols et la santé, énergivore et responsable de 4 à 8 % des émissions mondiales de CO2.
  • Tailles : ± 20 mètres   en grosse grappes.

Origine supposée des noms
Leur signification n'est souvent que symbolique et peut ne pas aider à la détermination

  • générique : Ailanthus serait une transposition du nom donné à cet arbre dans l'archipel des Molluques, "ailanto" avec l'introduction d'un h pour évoquer ἄνθος (ánthos) le mot fleur en grec.
  • spécifique : son adjectif spécifique altissimum avait été un choix de Philip Miller (1791-1771) qui avait lui aussi reçu des graines du jésuite français. Repris au féminin en 1911 par le botaniste américain Walter T. Swingle (1871-1952) c'est désormais son nom d'espèce.

Synonymie

  • Deux synonymes parmi d'autres :
    - Toxicodendron altissimum Mill., 1768 (qui est en fait le basionyme)
    - Ailanthus glandulosa Desf., 1788

Détails caractéristiques

  • Sa croissance rapide et sa propagation importante par graines, ou par rejets si on s'évertue à vouloir l'éliminer car lorsque des pousses sont coupées, taillées ou blessées il drageonne vigoureusement à partir de sa souche, d'où une technique d'écorçage particulière conçue par certains pour l'assécher et le faire disparaître en deux à trois ans.
  • Sa tolérance au manque d'eau, aux canicules et à la pollution atmosphérique.
  • Son système racinaire double, tout d’abord un pivot et ensuite des racines plagiotropes.
  • L'odeur forte et désagréable dégagée, à la friction, par toutes ses parties. Ce qui ne l'empêche pas d'être un arbre à pollinisation entomochore, très visité par les abeilles au moment de sa floraison, mais le miel obtenu n'est pas apprécié.
  • Son écorce lisse, lenticellée et ridée lorsqu'il est jeune, est de couleur grise.

  • Ses grandes feuilles composées qui peuvent mesurer plus de 50 cm de long, sont imparipennées et ont la particularité de présenter des folioles avec, à leur base, des petites glandes rondes proéminentes sur leur face inférieure et sécrétant une huile qui sent mauvais.

  • Sa floraison est plus abondante sur les arbres à fleurs mâles que sur ceux à fleurs hermaphrodites qui produisent malgré cela un grand nombre de samares facilitant sa dissémination par anémochorie.
  • Les fleurs ont 5 sépales et 5 pétales.
  • Ses fruits sont des samares.
  • Son allélopathie en raison d'un composé nommé ailanthone qu'il synthétise et qui lui sert d’herbicide, de fongicide ou d'insecticide naturels préjudiciables à d'autres plantes.

Nombre d'espèces icaunaises dans le genre

  • AILANTHUS (considéré comme introduit envahissant) : 1.
La Botanique des champs
n'est pas la Botanique des villes.
Et cet arbre "obstiné" a trouvé
un artiste pour le défendre,
ce que nous ignorions au moment de publier
cette page en avril 2021.

Mise à jour : janvier 2023   2005 à 2023  fleursauvageyonne