Un peu d'histoire

Fleurs sauvages de l'Yonne
a bien entendu pour objet les fleurs de l'Yonne actuelle où vous pourrez herboriser
Carte de France avec le département de l'Yonne

Cependant, c'est sur les terres de ce département qui n'existait pas encore, bien sûr, au XVIIe siècle, qu'un barbier-chirurgien, Thomas Montsainct, rédigea le premier inventaire floristique français intitulé : Le jardin senonois cultivé naturellement d'environ six cents plantes diverses, qui croissent à moins d'une lieue de la ville et cité de Sens. Imprimé à Sens, en 1604, chez George Niverd, imprimeur devant la Prevosté, ce catalogue très-sec des plantes observées par l'auteur (...) eut deux éditions successives selon Eugène Ravin qui nous indique également, aux pages 17 à 20 de l'Introduction de son ouvrage Catalogue raisonné des plantes du département de l'Yonne (édité à Auxerre en 1861), qu'en 1660 ce sont un apothicaire et deux médecins qui écrivent une Historia plantarum senonensium....

Si le département de l'Yonne n'existait pas encore au XVIIe siècle et encore moins au Moyen-Age, dans ces mêmes terres aujourd'hui icaunaises, des hommes avaient déjà observé les bourgeons, les petites fleurs, les feuilles et les fruits, objets des pages de notre herbier.


Petite coronille

Ces observateurs vivaient au XIIe siècle, certes très longtemps avant ceux qui ont précisé les mécanismes cellulaires de la morphogénèse végétale mais pas longtemps avant ceux qui ont étudié d'une façon « moderne » la phyllotaxie.

Et, comme l'a si bien remarqué l'architecte Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) dans le Tome 5 de son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, au mot Flore, ces hommes qui étaient des artistes laïques ont présenté, dans certains édifices romans, une tendance manifeste à chercher les modèles de l'ornementation sculptée parmi les plantes des bois et des champs. [...] tout en profitant de ce que leur offrait le sous-sol.

Viollet-le-Duc poursuit en écrivant : Les chapiteaux de la nef de l'église abbatiale de Vézelay ...
Vézelay
... ne sont plus déjà des imitations [...] : leur végétation sculptée possède une physionomie qui lui est propre, qui a l'âpreté d'un art neuf [...] ils vont dans les bois, dans les champs; ils cherchent, sous l'herbe, les plus petites plantes; ils examinent leurs bourgeons, leurs boutons, leurs fleurs et leurs fruits, ...


       Cornus sanguinea  Cornus sanguinea
Cornouiller sanguin

... et les voilà qui, avec cette humble flore, composent une variété infinie d'ornements d'une grandeur de style, d'une fermeté d'exécution qui laissent bien loin les meilleurs exemples de la sculpture romane. Soit instinct, soit raisonnement, ces artistes comprennent que les plus petites plantes, comme les insectes, sont douées d'organes relativement beaucoup plus forts que les arbres et les grands animaux; destinées à vivre dans le même milieu, à résister aux mêmes agents, la nature prévoyante a en effet donné à ses créations les plus humbles une puissance relativement supérieure à celle des grands êtres.

    

Les formes des plus petits insectes, comme celles des plus petites plantes, ont une énergie, une pureté de lignes, une vigueur d'organisation qui se prêtent merveilleusement à exprimer la grandeur et la force; tandis qu'au contraire on remarque, dans les formes des grands végétaux particulièrement, une sorte d'indécision, de mollesse, qui ne peut fournir d'exemples à la sculpture monumentale.

  

D'ailleurs, qui sait ? Ces artistes laïques [...] trouvaient peut-être un certain charme à envelopper leur art de mystère; de même [...] en allant chercher leurs motifs de décorations au bord des ruisseaux, dans les prés, au fond des bois, dans les plus infimes productions végétales, se laissaient-ils conduire par cet instinct du poëte [...] en examinant les merveilleux développements de végétaux perdus sous l'herbe, leurs efforts pour repousser la terre, la puissance vitale de leurs bourgeons, les lignes énergiques de leurs tigettes naissantes [...] Pourquoi des artistes observateurs, ennuyés de la monotonie des arts romans, ne se seraient-ils pas épris de cette modeste flore des champs, et, cherchant un art, n'auraient-ils pas dit, en découvrant ces trésors cachés : «Je l'ai trouvé» ?


Clinopode commun

L'Arum et l'Iris sont les premiers signes du retour des beaux jours. dit encore Viollet-le-Duc. Est-ce pour cela que les sculpteurs romans paraissent avoir affectionné ces plantes, comme le réveil de la nature ?

Et Viollet-le-Duc s'intéresse aux sculpteurs bourguignons [qui] vont chercher les végétaux dont les feuilles sont hardiment découpées, comme celles de l'Ancolie, de la (sic) Chrysantème, du Persil [...]. Ils aiment les jeunes pousses de la Vigne, les boutons du Liseron [des champs], les feuilles, d'un si beau caractère, de la Scabieuse.


Liseron des haies

Les botanistes, eux, s'intéressent à l'architecture des fleurs car, comme l'écrivait J.-M. Pelt : l'architecture d'une fleur raconte l'histoire de la plante toute entière et voilà pourquoi les botanistes, en fin de compte, ont préféré classer les plantes en fonction des fleurs parce que leur structure est beaucoup plus stable que celle des feuilles qui varie selon les conditions climatiques.

Cependant, les fleurs des arbres sont si petites et les arbres souvent si grands, que, bien plus que leurs fleurs, ce sont leurs modèles architecturaux qui doivent retenir notre attention comme l'exprime clairement F. Hallé dans ses écrits, et il est temps que nous leur portions un autre regard.


Fleurs sauvages de l'Yonne
vous invite à découvrir les fleurs par centaines.



Mise à jour : août 2017   2005 à 2017  fleursauvageyonne