Cueva de la Araa, Espagne... des abeilles vieilles de 8000 ans.  Fleurs et abeilles

La naissance des osmies au mois de mars dans l'Yonne


Dans l'Yonne, comme partout, et même si la domestication des abeilles existe depuis la nuit des temps, pas uniquement pour le miel, mais aussi pour la cire et pour l'hydromel (sans doute une des premières boissons fermentées bues dès l'époque préhistorique), les abeilles, comme les fleurs, peuvent être sauvages... ou le redevenir.

La majorité des abeilles sauvages (dont les halictes et les osmies) vivent au sol mais également dans des cavités ou dans les branches et les brindilles creuses des roseaux, dans les branches tendres des sureaux ou des ronces. Depuis des centaines de milliers d' années même les abeilles mellifères affectionnent les arbres creux pour fonder leurs colonies et voici ce qu'il est possible de faire dans l'Yonne, comme à Bellechaume

Solitaires ou formant des nids, elles n'ont pas d'ouvrières et ne fabriquent donc pas de miel.

Comme toutes les abeilles, et contrairement aux papillons, elles ont la particularité de ne pas transporter le pollen bien loin et de faciliter les rapports de voisinage proche entre fleurs.

En France on trouve six familles d'abeilles mais seuls quelques très rares membres de la famille des Apidae s.l. sont sociales : les abeilles domestiques et les bourdons, comme par exemple celui ci-dessous sur une fleur de Carlina vulgaris dont les graines ne risquent certainement pas d'être enrobées par des pesticides comme peuvent l'être certaines semences.

Quand les abeilles restent encore au chaud dans leurs ruches car la température extérieure est trop basse, les bourdons sauvages, protégés par leur épaisse fourrure, peuvent polliniser certaines espèces de fleurs précoces dès le tout début du Printemps.



  

Domestiques et vivant en ruches les abeilles du genre Apis ne représentent donc que quelques espèces sociales parmi des milliers d'autres qui sont solitaires. Les abeilles du genre Apis comptent parmi elles des ouvrières polyvalentes qui deviennent butineuses (et donc pollinisatrices) une vingtaine de jours après leur naissance et jusqu'à la cinquième ou sixième semaine de leur vie, c'est-à-dire jusqu'à leur mort.

Elles parcourent la campagne fleurie, en voyant plus loin que nous dans l'ultraviolet, afin de trouver :
nectar, pollen, miellat, propolis, eau.

  • NECTAR
    Matière première du miel, le nectar est secrété par certaines plantes qui possèdent des glandes appelées nectaires.
    Le nectar attire les insectes et les papillons pour favoriser la pollinisation des plantes qui le produisent.
    C'est par succion, gràce à leur langue (un proboscis) que les abeilles collectent le nectar qu'elles transportent ensuite dans leur jabot où il il se transforme déjà grâce à une enzyme, l'invertase.

  • POLLEN
    Constituant l'élément fécondant mâle de la fleur, le pollen est initialement contenu dans l'anthère à l'extrémité des étamines et, en dehors des cas d'autofécondation, quand ce n'est pas le vent, ce sont les insectes dits pollinisateurs, parmi lesquels les abeilles, qui déposent sur le stigmate d'une fleur femelle le pollen qui s'était accroché à leur corps et qu'elles brossent grâce à leurs pattes postérieures munies de poils courts. Mais elles gardent précieusement dans leurs deux corbicules (ces petites corbeilles accrochées à la face externe de leurs pattes arrières) celui qu'elles ont ramassé grâce à leurs pattes médianes qui possèdent une épine servant au décrochage des deux petites pelotes de 6 mg de pollen (leur seule source de protéines) qui leur permettra de nourrir les larves et la reine qui, comme l'écrit Jacques Testart, "n'est pas pourvue d'un génome royal, mais dérive d'une vulgaire larve ouvrière qui, nourrie comme une aristocrate, deviendra 5 fois plus grande, vivra 50 fois plus longtemps, et se comportera en pondeuse paresseuse et chouchoutée".


  • MIELLAT
    Un liquide sucré plus ou moins visqueux excrété par divers insectes suceurs de sève que les abeilles trouveront sur certains arbres.

  • PROPOLIS
    Une substance résineuse essentielle pour les abeilles qui l'extraient des bourgeons et de l'écorce de certains arbres et que des enzymes de leur système digestif modifient en un mélange complexe, de couleur brun jaune et d'odeur balsamique, ayant des propriétés tinctoriales, antifongiques et antibactériennes. Elles s'en servent d'ailleurs pour imprégner les cadavres des prédateurs qu'elles ne peuvent pas toujours éliminer de leurs ruches.

  • EAU
    Celle des gouttes de pluie et de rosée, des flaques, bassins... mais aussi celle des gouttelettes de guttation des feuilles de plantes.
    Mais lorsque les racines ont absorbé des substances toxiques, ces gouttelettes peuvent être dangereuses pour les abeilles pourvoyeuses d'eau (pouvant transporter 25 mg d'eau ou plus par voyage, après remplissage de leur jabot puisque leurs pièces buccales, adaptées au léchage et à la succion, permettent l’aspiration) et pour d'autres pollinisateurs.

C'est ainsi que les ouvrières nourriront reine, larves et faux-bourdons qui, eux, ventilent peut-être un peu la ruche mais ne peuvent pas butiner en raison de leur anatomie (leur langue est trop courte).
Ces faux-bourdons ont plusieurs particularités : nés par parthénogénèse, c'est-à-dire d'ovocytes non fécondés, leurs oeufs ont été déposés par la reine dans des alvéoles plus grandes que les autres. Leur fonction principale sera de féconder une reine autre que celle de leur colonie. Ceux qui se seront accouplés perdront leur organe reproducteur et mourront, tandis que les autres finiront par ne plus être nourris par les ouvrières qui les expulseront, mourants et sans défense, à l'automne.
Les abeilles ouvrières pourront également permettre à leurs semblables, encore trop jeunes pour s'envoler, de réparer la ruche avec la propolis.

Le saviez-vous ?

- Les abeilles dansent
- Les abeilles communiquent avec des signaux chimiques : les phéromones. Les reines ont les leurs, et les ouvrières en ont d'autres.
- La couleur violette paraît bleue aux abeilles qui voient par contre le jaune, et le rouge de certaines fleurs leur apparaît blanc en raison d'une forte réflexion de l'ultraviolet.

- L'abeille possède 16 chromosomes, la longueur de son génome aurait environ 236 millions de paires de base et 700 de ses gènes seraient communs aux nématodes et aux mammifères.



Si vous aimez le miel et le pain d'épices, les cerises, les pommes et les poires, ne traitez pas les fleurs sauvages comme des "mauvaises herbes" ! Vous aussi, pensez aux abeilles, "laissez pousser les jachères".

Vu dans l'Yonne... trop rarement peut-être.

Ci-dessous quelques fleurs sauvages icaunaises "appréciées" des abeilles et d'autres insectes pollinisateurs... des fleurs qui "apprécient" ces insectes pour leur aide dans ce passage des grains de pollen (que l'on nomme pollinisation) depuis leurs étamines vers les stigmates des autres fleurs de leur espèce qui se retrouvent alors fécondées.

Comme ici la Zygène des Bois



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Lycopsis arvensis (L.) M.Bieb.
Lycopside des champs
Anchusa italica Retz
Buglosse d'Italie, buglosse azurée
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Borago officinalis L.
Bourrache officinale
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Calluna vulgaris L.
Callune fausse-bruyère
Centaurea cyanus L.
Bleuet
Cichorium intybus L.
Chicorée sauvage
Crataegus monogyna Jacq.  
Aubépine un style
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Epilobium angustifolium L.
Laurier de St Antoine, osier fleuri
Erica cinerea L.
Bruyère cendrée
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Hedera helix L.
Lierre

et son abeille, Colletes hederae
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Laburnum anagyroides Medik.
Aubour, cytise Aubour, faux Ébénier,
cytise grappes
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Melittis melissophylum L.
Mlitte feuilles de mlisse
Cliquer pour agrandir Mentha pulegium L.
Menthe pouliot
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Papaver rhoeas L.
Coquelicot

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Robinia pseudoacacia L.
Robinier faux acacia
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Salix caprea L.
Saule marsault
Vous pourriez le voir, au tout début du printemps, dans le marais du
Moulin de Vanneau

Salix caprea

Sinapis arvensis L.
Sénevé, moutarde des champs, ravenelle
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Tussilago farfara L.
Pas-d'âne
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Vaccinium myrtillus L.
Airelle myrtille
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et tant d'autres encore...


Chaque fleur possède son parfum et, si elle est riche en nectar, les abeilles la reconnaîtront aisément...

... parmi les centaines d'autres qui se comptent en France, d'autant plus que leur vision les aidera également car les abeilles ont des yeux tellement différents des nôtres qu'une fleur qui nous paraît uniformément rougeâtre est pour elles colorée avec une multitude de nuances.



Pour en savoir plus
- sur la flore mellifère
- sur la pollinisation
- sur le genre Apis
- sur l'apiculture
- ou découvrir quelques abeilles solitaires ou non.

Bibliographie
Jacques GOÛT
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les abeilles,
Guide visuel à destination des esprits curieux et pressés
© Agence Media et Hatier, Paris, 2012.

François LASSERRE - Illustrations : Jérôme Gremaud
Comme on ne l'a jamais lu... L'abeille,
Collection dirigée par Sylvie Baussier
© Delachaux et Niestlé | Jeunesse, Paris, 2010.

À lire :
Une étude révèle les secrets de fabrication des apiculteurs étrusques

L'abeille philosophe   N°175-Juillet/Août 2013

Time is Honey


À écouter





Mise à jour : février 2018   2005 à 2018  fleursauvageyonne