Dans l'Yonne
Origine supposée des noms
- générique : nom latin du hêtre, dérivé du grec Φηγός (fâgos) qui signifiait chêne.
- spécifique : les arbres étant du genre féminin en latin, l'adjectif sylvatica, sauvage, l'est également.
- D'après la 6e édition du Dictionnaire de l'Académie française publiée en 1835 cet arbre aurait porté le nom de :

Détails caractéristiques
- Lignine et cellulose du bois de hêtre vues au microscope.
- Les cotylédons de ses plantules printanières ont une forme caractéristique.
 11 avril 2012
- Ses racines poussent en surface et sont traçantes.
- Sa ramure est flottante et son écorce lisse, douce et grisée. (Belinda Cannone, Entre les bruits © Éditions de l'Olivier, 2009, p. 209).
Ce qui est très rare parmi les arbres, c'est que son écorce reste lisse jusqu'à environ 200 ans.
 Parc forestier national de la Poudrerie de Sevran Livry (Seine-Saint-Denis) 20 juillet 2024

- Ses jeunes feuilles, comme ci-dessus, présentent des cils fins et sont vert clair. Leur couleur deviendra plus foncée en Été quand son feuillage est dense et chargé en tanins.
Après leur mort automnale, les feuilles des branches basses du hêtre restent parfois accrochées à l'arbre tout l'Hiver : c'est ce que les botanistes nomment une marcescence partielle.
- Elles pourront présenter également des galles abritant Mikiola fagi (Hartig, 1839).
- Ses fleurs
- mâles ont 4 à 7 étamines et se présentent en chatons pendants qui tomberont dès que leurs grains de pollen, à trois apertures et de taille moyenne, auront été disséminés par le vent qui pollinisera
- ses fleurs femelles à 3 stigmates roses, souvent groupées par 2 dans une enveloppe recouvertes de petites écailles foliaires hérissées.
- Quant à son fruit, un akène du genre nucule, il est nommé une faîne. Ce mot est dérivé du latin vulgaire fagina, sous-entendu glans faginae que Pline nommait lui fagum.
Ces faînes ont une cupule qui enferme complètement les graines, généralement au nombre de deux, et qui se fend à maturité (au cours de ce que l'on nomme la faînée) pour les libérer. Cette cupule ligneuse, hérissée d'épines recourbées molles, perdure sur l'arbre l'Hiver après s'être ouverte généralement au mois d'octobre.

- La production des faînes, nommée faînée, suit un cycle de plusieurs années (5 à 10 ans). Elle dépend très étroitement de la quantité de pollen émis et de la météorologie printannière pouvant être fatale pour les fleurs et donc pour les fruits à venir.
Les années sèches sont propices à de bonnes fainées que les forestiers nomment paissons pleines lorsque les arbres sont surchargés de faînes, ce qui se produit donc environ tous les 5 ans, d'où l'intérêt de la phénologie car ces paissons pleines se produisent simultanément parmi d'autres espèces d'arbres. Ces faînes disséminent les graines qui, lorsqu'elles gonfleront, provoqueront la déchirure de leur tégument et de leur paroi qui, parfois, persistent comme un chapeau sur les feuilles cotylédonaires. Ses faînes sont comestibles, en quantité raisonnable et grillées car le péricarpe brun qui les enveloppe (alors qu'elles sont blanches) renfermerait ou plutôt aurait renfermé de la fagine, une substance légèrement toxique, principe chimique ayant défrayé la chronique il fut un temps, surtout au Danemark au XVIIe siècle !
L'Icaunaise Colette (1873-1954) devait en manger, elle qui écrit dans "Claudine à l'école" : [...] je ramassais des faînes, ces bonnes petites faînes huileuses qui grattent la gorge et font tousser.
Huileuses en effet, elles servaient autrefois d'huile à brûler et les agriculteurs savaient les préparer pour avoir une huile de bonne qualité qui est désormais considérée comme intéressante pour la fabrication de produits cosmétiques en raison de sa teneur en lipides relativement élevée et de sa teneur en caroténoïdes.
- Son bois (qui bleuit facilement quant il est coupé) est très dur mais le Pic noir, Dryocopus martius (Linnaeus, 1758), peut le forer.
Un peu d'histoire
Un peu de poésie
- ODELETTE II, Henri de Régnier (1864-1936)
in Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897
Je n'ai rien Que trois feuilles d'or et qu'un bâton De hêtre, je n'ai rien Qu'un peu de terre à mes talons, Que l'odeur du soir en mes cheveux, Que le reflet de la mer en mes yeux, Car j'ai marché par les chemins De la forêt et de la grève Et j'ai coupé la branche au hêtre Et cueilli en passant à l'automne qui dort Le bouquet des trois feuilles d'or.
Accepte-les ; elles sont jaunes et douces Et veinées De fils de pourpre ; Elles sentent la gloire et la mort, Elles tremblèrent au noir vent des destinées ; Tiens-les un peu dans tes mains douces :
Elles sont légères, et pense À celui qui frappa à ta porte Un soir, Et qui s'est assis en silence Et qui reprit en s'en allant Son bâton noir Et te laissa ces feuilles d'or, Couleur de soleil et de mort... Ouvre tes mains, ferme ta porte Et laisse-les aller au vent Qui les emporte.
Nombre d'espèces icaunaises dans le genre
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