Les lichens

PrésentationHistoire

À titre d'exemple, voici pour commencer cette découverte des lichens :

Ramalina fraxinea (L.) Ach., 1810


Villethierry, 25 mars 2023 - © Jean YGNARD

Décrit en 1810 par Erik Acharius (1757-1819), un botaniste et médecin suédois, à la page 602 de son ouvrage intitulé Lichenographia universalis, c'est un lichen commun dans toute la France.

Il appartient à la Famille des Ramalinaceae et à l'Ordre des Lecanorales.

Lichen corticole à thalle fruticuleux (c'est-à-dire avec une surface de contact très réduite grâce à des crampons), on le trouve sur les troncs et les branches d'arbres d'espèces différentes, pas uniquement sur Fraxinus, des arbres soit isolés soit poussant le long de zones boisées où le vent souffle et où l'ombre est rare et qui dans ce cas sont nommés phorophytes. Il peut s'agir d'Acer, Populus, Tilia, Ulmus et même Prunus spinosa comme ci-dessous.

Peut-être est-ce pour cette raison qu'en France on en dénombre sept "morphotypes", c'est-à-dire 7 aspects morphologiques différents avec des plans d'organisation distincts, comme, par exemple, morpho. luxurians.

Ses ramifications sont en lanières pendantes de couleur gris-vert et on le dit parfois à thalle rubané, le thalle d'un lichen étant composé surtout par son champignon (mycobionte), ici un ascomycète, l'algue (photobionte) n'en occupant que 10 % et dans le cas présent la microalgue concernée ne semble pas vraiment connue.


Villethierry, 25 mars 2023 - © Jean YGNARD

Ses apothécies sont généralement concaves et souvent pruineuses.


Villethierry, 25 mars 2023 - © Jean YGNARD

Elles sont parfois latérales, faciales, ou marginales, comme ci-dessous en formation.


Villethierry, 25 mars 2023 - © Jean YGNARD

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LICHEN III

Horizontal émoi des mots. Lichen.
Écrin du clair matin des tourbes. Lichen.
Faim des cervidés, anfractuosité du froid. Lichen.
Rosace du doigt sur le roc, rosaire des granits. Lichen.
Le pourquoi du peu qui perdure, le pourquoi du rien qui demeure. Lichen.
Épine de questions, ronce du ciel. Lichen.
Broussaille en fenaison, buisson de déraison. Lichen.
Apatride du Temps au clair matin des tourbes. Lichen.
Jacques Lacarrière (1925-2005)
Éditions Fata Morgana, 1983.


Présentation des lichens

Constitués par un champignon, c'est-à-dire un assemblage d'hyphes, et une algue verte ou une cyanobactérie qui sont des photosynthétisants microscopiques, les lichens ne sont plus considérés comme des plantes depuis le XIXe siècle puisqu'ils sont des organismes symbiotiques non végétaux.

Ils ne sont pas non plus des parasites puisqu'ils ne pénètrent pas dans les tissus de leurs supports lorsque ceux-ci sont vivants. Leur groupe taxonomique est celui des Fungi, c'est-à-dire celui des champignons.

Par contre, ils seraient de bons indicateurs pour l'étude de la bioaccumulation des métaux lourds, la chitine, présente dans leurs parois, étant évoquée comme fixateur de métaux. Dans ce domaine ils ont été suivis en Bourgogne pendant plusieurs années.

Les lichens forment également des communautés qualifiées de "cryptogamiques" avec des mousses et des champignons.

Le champignon d'un lichen se nomme mycobionte : son rôle est d'assurer l'ancrage du lichen sur son support et de prélever, dans le substrat qu'il y trouve, l'eau et les sels minéraux nécessaires à la symbiose avec son algue ou sa cyanobactérie qui, elles, sont des photobiontes : organismes photosynthétiques, produisant, à partir du dioxyde de carbone de l'air et du rayonnement solaire, la matière organique nécessaire à la vie du lichen.

Ils peuvent être ornithocoprophile comme Xanthoria parietina par exemple.

En fait tous les substrats sont possibles pour eux, tout étant une question de temps.

Pour mieux comprendre les lichens, consulter le Lexique des principaux termes de Lichénologie publié par l'AFL.



© Lifemap

Pour en savoir plus sur l'évolution de la classification des lichens (crustacés, squamuleux, foliacés, fruticuleux), Cf. J.P. Gavériaux, "Lichens et évolution de la classification des êtres vivants".



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Histoire des lichens

Avant d'etre nommés lichens, ils ont porté des noms comme : mousses de chêne ou orseilles.

  • "Mousses de chêne"
    Notamment Evernia prunastri et Pseudevernia furfuracea.
    Dès le Moyen Age, en effet, même si l'austérité religieuse tendait à réduire les usages profanes du parfum, on s'était rendu compte des propriétés fixatrices des odeurs de ces mousses qui n'en étaient pas, et en 1190, Philippe-Auguste (1165-1223) accorde des statuts à la corporation des parfumiers-gantiers, les gants parfumés ne tardant pas à être considérés comme une protection contre les épidémies, avant qu'au XVIIe siècle gands et évantails ne soient plus, après avoir été ocaignés, que des objets colorés et parfumés grâce à des fleurs comme

  • Orseilles
    dont les propriétés tinctoriales de certaines d'entre elles, comme, notamment, le lichen marin filamenteux Roccella tinctoria, furent à l'origine de grands voyages et même de conquêtes, celle de Jean de Béthencourt (1361-1425), Le Canarien devenu « seigneur des îles Canaries » sous le règne d'Henri III de Castille, Enrique el Doliente (1379-1406) étant restée en mémoire.

(à suivre)

Actuellement certains lichens sont en danger de disparition car ils sont récoltés par milliers de tonnes dans le sud de la France, au Maroc et dans d’autres pays pour l'industrie de la parfumerie.