Dans l'Yonne, comme ailleurs, si vous êtes amateurs de mondes microscopiques, les poils des fleurs sauvages et leurs autres organes et même leurs grains de pollen présenteront pour vous un grand intérêt dont Jean-Marie CAVANIHAC vous donne déjà un aperçu ci-après.
Les poils absorbants de leurs racines, bien cachés dans le sol, ne seront peut-être pas les premiers que vous verrez, contrairement à leurs poils glanduleux (sécréteurs d'huile essentielle ou de résine) ou à leurs poils dits tecteurs, sans cellules sécrétrices, qui peuvent être en bouquet, en étoile, en candélabre, en navette (en forme de T), en pistolet.

Mais pourquoi tant de poils différents ?
  • Pour libérer une odeur ou des substances chimiques en étant glanduleux comme par exemple les poils de Sonchus arvensis.
  • Pour lutter contre le chaud, le froid et le sec.
  • Se défendre d'éventuels prédateurs et dans ce cas être piquants ou urticants.
  • Être hydrophobes pour repousser l’eau.
  • Se déplacer comme les graines poilues de Salix cinerea pratiquant l'anémochorie, ou les graines épizoochores de la benoîte des villes.
  • se nourrir (poils collants ou autres).
  • etc...

Geum urbanum L., 1753

Geum urbanum

Pour commencer voici, à droite, une graine de benoîte des villes prise parmi celles que vous voyez ci-dessus et qui a la particularité d'avoir des poils qui lui sont bien utiles.
Graine de Geum urbanum
Ils lui permettent en effet d'être
épizoochore,
c'est-à-dire de se disperser par transport sur le plumage ou le pelage des animaux, ou sur les fibres textiles de vos vêtements.

Le grossissement (à l'écran) est d'environ 25 fois.

L'image est prise selon la technique du fond noir (éclairage en lumière périphérique de l'objet) qui permet de mieux voir la texture.
Montage en milieu liquide (gélatine glycérinée).

Poil d'ortie

Urtica dioica L., 1753

Poursuivons avec un poil pas plaisant du tout, celui de l'ortie. Pourtant en dépit des cuisants souvenirs qu'il nous laisse c'est une merveille de réalisation :
ce poil est une partie d'une glande, située à sa base qui secrète, entre autre, de l'acide formique (celui des fourmis).
La pointe en est très fragile et se brise en biseau au moindre contact pour mieux se planter dans votre peau. Le même mouvement comprime la base du poil qui se fait un plaisir de vous injecter le venin !

Mais le spectacle est aussi un émerveillement en lumière polarisée. Le détail montre l'extrémité d'un poil intact ou l'on voit très bien le canal interne.

Poil d'Urtica dioica

Hedera helix L., 1753

Dans le genre pas très poilu : le lierre.
Même si ses poils sont plus rares et très écrasés contre la tige, leur forme en étoile vaut le déplacement !

Poil d'Hedera helix

Lonicera periclymenum L., 1753

Autre plante intéressante : le chèvrefeuille. Il a en effet deux types de poils dont ceux-ci en forme de massue.

Poil en massue de Lonicera periclymenum



Pour en savoir plus :

Anna SPERANZA & Gian Lorenzo CALZONI
Atlas de la structure des plantes,
Guide de l'anatomie microscopique des plantes vasculaires en 285 photos
Éditions Belin, Paris, 2005, pour la traduction française, 224 p.




Mise à jour : novembre 2015    2005 à 2017  fleursauvageyonne