Orobanchaceae
hémiparasites et holoparasites



Orobanchaceae hémiparasites (vertes et feuillues)

Elles étaient, avant 2003 et la IIe classification de l'APG, classées dans la Famille des Scrophulariaceae.

Euphrasia officinalis subsp. rostkoviana (Hayne) F.Towns.
Euphraise des champs
Euphrasia stricta D.Wolff ex J.F.Lehm.
Euphraise dressée, casse-lunette
Melampyrum arvense L.
Mélampyre des champs, queue de renard,
blé de vache, rougeotte
Melampyrum cristatum L.
Mélampyre à crêtes
Melampyrum pratense L.
Mélampyre des prés
Odontites vernus (Bellardi) Dumort.
Odontite (euphraise) rouge, odontite de printemps
Pedicularis sylvatica L.
Pédiculaire des bois, pédiculaire des forêts
Rhinanthus alectorolophus (Scop.) Pollich
Rhinante crête de coq, cocriste, rhinanthe velu
Rhinanthus minor L.
Cocriste vrai



Orobanches classiques holoparasites

Dans la Famille des Orobanchaceae classique, celle des plantes dénuées de ce pigment assimilateur qu'est la chlorophylle, on ne trouve dans l'Yonne qu'une seule espèce de Lathraea (L. clandestina n'y ayant pas été vue depuis 1883), 9 espèces du genre Orobanche et 2 Phelipanche sur les 160 espèces existant dans l'hémisphère nord, dont voici :

Lathraea squamaria L.
Lathrée écailleuse, clandestine écailleuse
Orobanche alba Stephan ex Willd.
Orobanche du thym, orobanche blanche
Orobanche alsatica Kirschl.
Orobanche d'Alsace
Orobanche amethystea Thuill.
Orobanche violette, orobanche du panicaut
.
Orobanche hedereae Vaucher ex Duby
Orobanche du lierre
Orobanche picridis F.W.Schultz
Orobanche de la picride
Orobanche rapum-genistae Jacq.
Orobanche du genêt
Phelipanche purpurea (Jacq.) Soják
Orobanche pourprée



Ces Orobanchaceae sans chlorophylle parasitent les racines d'autres plantes surtout Dicotylédones contrairement à une hémiparasite comme Pedicularis sylvatica qui parasitent des Monocotylédones. Elles sont dites plantes parasites obligatoires de racines.

Leur nom vient du grec orobos, légumineuse, et anchein, étrangler, étouffer : les Orobanches parasitent en effet un grand nombre de Fabacées et, malgré leur beauté, les agriculteurs peuvent donc ne pas les apprécier.

Les botanistes qualifient les Orobanches d'holoparasites obligatoires épirhizes. Leur tige érigée est le plus souvent non ramifiée et leurs feuilles, plus foncées que la tige, ne sont que des écailles sans chloroplastes. Elles n'ont pas de racines, seulement des ébauches.


Juin 2011

Leur vie souterraine et cachée est importante et c'est pourquoi, pour les déterminer il faut connaître la ou les plantes qu'elles parasitent car :

- les racines de ces plantes parasitées produisent des hormones (strigolactones) stimulant la germination des graines de l'orobanche (déjà transformée par les conditions de température et d'humidité du sol dans lequel elle est tombée) qui émettront un germe tubulaire de quelques millimètres, nommé procaulôme ;

- ce procaulôme s'allonge alors en direction de la plante hôte et s'y fixe en formant, dès qu'il l'a rencontrée, un épaississement nommé appressorium ;

- en dehors de la racine de la plante hôte, une masse gélatineuse dite tubercule va se former et permettre le développement d'une orobanche en protégeant le contact de l'appressorium et des vaisseaux de la plante hôte pour créer des connections vasculaires avant l'apparition du suçoir par lequel l'orobanche va puiser toutes les substances nécessaires à son développement.

A partir de ce moment-là, une jeune tige souterraine progresse verticalement dans la terre vers la surface du sol pour émerger au pied de la plante hôte et fleurir en épi.

Si le procaulôme n'arrive pas à se fixer sur une plante hôte après quelque jours de sa germination, il meurt.

Il est souvent difficile de retrouver les suçoirs sur les racines des plantes parasitées.

 L'Orobanche ci-contre a été trouvée sur un terrain en friche peuplé de Hyeracium mais peut-être était-elle près d'un Trifolium que nous n'avons pas vu.


Il s'avère difficile de différencier sépales et bractées.

La forme des corolles est très variable sur l'épi d'une même plante.

Les modes de fécondation des Orobanche et des Phelipanche peuvent être l'autogamie ou l'allogamie.

Les fruits sont des capsules contenant de très nombreuses graines minuscules de moins de 0,4 mm susceptibles de présenter une dormance importante de plus de dix ans, variant selon les espèces et l'environnement (température et humidité).

Parfois des bourgeons adventifs se développent sur les suçoirs (appressoria), ce qui explique que certaines espèces sont à la fois annuelles et vivaces.

Les cycles de vie des Orobanches holoparasites, longtemps méconnus, commencent à être mieux compris.



Mise à jour : mai 2020   2005 à 2020  fleursauvageyonne