Comment classe-t-on les végétaux
dans l'Yonne et ailleurs ?
Liens url mis à jour le 19 août 2017

Confrontés à la description des plantes que nous rencontrons au hasard de nos promenades, nous pensons, comme l'écrivait déjà Alphonse de Candolle dans la préface de son ouvrage, datant de 1880, intitulé La phytographie ou l'art de décrire les végétaux considérés sous différents point de vue, que...

Cliquer pour lire La phytographie

Les recherches en Botanique, y compris au niveau moléculaire, confirment, la plupart du temps, la réalité des taxons que sont les familles créées par les botanistes des siècles passés, et notamment Antoine-Laurent de Jussieu, qui se fondaient uniquement sur des critères morphologiques.

Mais désormais on ne peut plus se poser une question comme : « qui descend de qui ? » dans un classement d'arbre généalogique par genres, familles, ou ordres, car les espèces ne sont plus considérées comme des entités indépendantes mais comme les éléments interconnectés et indissociables d’un arbre phylogénétique qui répond à la question : « qui est plus proche parent de qui ? ».

Les classifications actuelles distinguent donc des groupes non selon leurs ressemblances mais selon leurs ascendances ou relations de cousinage (phylogénèse étudiée par la phylogénie), sans confondre valeurs et faits, d'où un arbre du vivant devenu un buisson pléthorique de plus de 270 000 Angiospermes.

Une façon de rendre hommage à Darwin pour qui ...toute véritable classification est généalogique...

mais avec modification.
1859, On the origin of species...
, p. 420, Ch. XIII, Classification.

Mardis de l'espace des sciences Comment penser l'évolution ?

Comment comprendre le concept de descendance avec modification (the descent with modification) ?





Au commencement ?

Y-a-t-il vraiment eu un commencement ? et un LUCA (le plus vieil ancêtre commun dont on puisse faire le portrait-robot, sans pour autant qu'il soit le premier réellement apparu) ?

Mit der Einsicht in den Ursprung nimmt die Bedeutungslosigkeit des Ursprungs zu
(Friedrich Nietzsche, Morgenröthe (Aurore, aphorisme 44) Leipzig, 1881, p. 42.
Avec l’intelligence de l’origine l’insignifiance de l’origine augmente)

En biologie, la pensée d'Ernst Mayr (1904-2005), systématicien éclectique dont la classification était "gradiste", a longtemps été suivie sans que l'on puisse lire en français, puisque jamais traduit avant 2014, le texte de Willi Hennig (1913-1976), fondateur de l’analyse cladistique, qui était en controverse avec lui dès 1974.

Cependant le monde réel dans lequel nous vivons est très compliqué et si les individus descendent bien les uns des autres, il n'en est pas de même des classes que l'on obtient grâce à des graphes connexes non cycliques orientés et qui correspondent à une construction humaine dans le cadre d'une biologie nominaliste et non plus essentialiste.

Vous trouverez dans cet herbier quelques caractères morphologiques propres à chaque famille observée dans l'Yonne. Mais observer n'est pas classifier !

Continent science Comment classe-t-on les êtres vivants ?

Afin de ne pas nous réfugier dans les alternatives du passé, nous devons donc quitter la taxonomie d'antan pour la e-taxonomie et la taxonomie intégrative et notre classification comprend donc 64 ordres et 416 familles pas tous représentés dans l'Yonne, bien entendu, selon le cladogramme ci-dessous qui est celui de l'Angiosperm Phylogeny Group :

APG IV (2016).


© 2016 The Linnean Society of London,
Botanical Journal of the Linnean Society, 2016, 181, 1–20


L'APG est un système de classification évolutive dont il faut bien comprendre l'arbre du vivant en s'entraînant pour le lire ("Reading" - interpreting and understanding - such a phylogenetic tree is not necessarily easy, so "reading a tree" may require a bit of practice) surtout lorsqu'on n'est pas de langue maternelle anglaise.

Sans doute n'est-ce pas le dernier système de classification qui existera, de même que bien des systèmes de classification ont existé avant lui. Entre autres ceux d'Adolf Engler (allemand), Arthur Cronquist et Robert F. Thorne (nord américains), Rolf Dahlgren (danois) et Armen Takhtajan (soviéto-arménien).

Apparemment, encore aucune classification évolutive n'a émané d'un botaniste francophone : l'un d'eux aura-t-il des idées novatrices dans ce domaine au XXIe siècle, comme Adanson, Lamarck, A.L. de Jussieu et le Suisse de Candolle en avaient eu en d'autres temps ? L'évolution par fusion le permettra-t-elle ? A moins que la nouveauté vienne des botanistes indiens dont les connaissances sont anciennes ou des Chinois puisque leurs pays sont désormais des étoiles en ascension ?

Cependant il ne faut pas confondre :

  • classification et
  • identification.

La convention des noms n'a rien à voir avec la plante bien vivante en face de vous et l'important c'est la fleur elle-même... ou ceux qui l'habitent et qui, tous très nombreux, sont heureusement totalement indifférents aux catégorisations humaines.


De par le monde, c'est chaque jour qu'une plante est classée ou déclassée.

Notre page concernant les familles botaniques que vous pourrez rencontrer dans l'Yonne (et ailleurs), sera donc sans doute souvent modifiée.

Ne vivons-nous pas, comme l'écrivait déjà Goethe (1749-1832) dans Les affinités électives ...à une époque où l'on ne saurait plus rien apprendre pour le reste de sa vie... ?

Et sur Terre, Nancy Huston nous le rappelle : Il nous est malaisé pour ne pas dire impossible de concevoir la lenteur du processus de l'évolution. Nous sommes toujours si pressés ! [...] Du point de vue de l'évolution, l'âge paléolithique c'était hier.
L'évolution ne serait-elle pas parfaitement réversible ? Ne peut-elle pas déconstruire ce qu'elle avait sélectionné auparavant en procédant à la spéciation, cette création de nouvelles espèces par l'apparition de variétés qui ne sont plus fécondables par les individus de l'espèce primitives et qui deviennent donc elles-même des espèces ?

La botanique semble actuellement en pleine crise de jouvence et les botanistes chevronnés, même amateurs, doivent donc procéder à un changement fondamental de leurs modes de pensée pour ne pas devenir rétrogrades.

Achille Richard (1794-1852) écrivait en 1838

et au XIVe siècle Guillaume d'Occam : pluralitas non est ponenda sine necessitate.

Et les philosophes, eux aussi, se posent des questions sur le sujet.
Cf. Jean GAYON, « De Popper à la biologie de l’évolution : la question de l’essentialisme », sur Philonsorbonne, 6 | 2012, mis en ligne le 04 février 2013, consulté par nous le 28 janvier 2016.
http://philonsorbonne.revues.org/401

Grâce à leurs connaissances macroscopiques, microscopiques, cytologiques et caryologiques, génétiques et biochimiques des végétaux, les botanistes phylogénistes et taxonomistes du XXIe siècle semblent réaliser les pensées de leurs ancêtres !

Ils tentent de développer une approche intégrative de la taxonomie, combinant à la fois l’approche moléculaire et d'autres informations de type morphologique, anatomique, écologique, biogéographique, paléobotanique... On devrait aboutir non seulement à une délimitation plus fine des espèces végétales, mais aussi à la description des processus évolutifs en jeu nous dit Pascale Besse.

Pour en savoir plus dans un domaine où le changement est foncier :



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